jeudi 2 février 2017

Les maîtres de l’air

Sa majesté, l’Albatros, le plus grand des oiseaux volants !

Emblème des Terres Australes, on ne se lasse pas d’observer au quotidien le vol indolent de ces grands oiseaux.

6 portraits du ciel austral pour les 10 ans de la Réserve Naturelle des TAAF

Albatros hurleur en vol et la Base Alfred Faure de Crozet

L’Albatros hurleur (Diomedea exulans), aussi appelé Grand Albatros fait partie intégrante du paysage sub-antarctique. C’est le plus grand et le plus lourd représentant des albatros avec une envergure moyenne de 3,10 mètres pour un poids allant de 6 à 12 kg. Leurs longues ailes rendent l’envol difficile mais c’est en revanche sans efforts qu’ils se déplacent sur de grandes distances, grâce à la portance de leurs ailes et en utilisant les vents comme les avions planeurs. Ce mode de vol est bien pratique pour cet oiseau pélagique (adjectif signifiant qu’il vit en pleine mer). 

L’Albatros ne revient sur terre qu’1 fois tous les 2 ans pour la saison de reproduction. Généralement, le mâle arrive le premier, prend possession de son ancien nid ou en reconstruit un nouveau en attendant la femelle qui arrive un peu plus tard. Les couples sont, en majorité, fidèles pour la vie. L’élevage du poussin est long (une bonne année) d’où l’importance de la parade nuptiale afin de trouver le bon partenaire. Elle est fort complexe, rythmées par différents rituels dont les gestes s’harmonisent au cours des années au sein du couple.

Parade nuptiale d’un couple d’Albatros hurleur (femelle, à gauche et mâle, à droite)

Parade nuptiale typique de l’Albatros hurleur (l’individu de droite utilise son cri pour chercher sa ou son partenaire).

Les grands albatros adultes sont principalement blancs alors que les jeunes sont bruns (cf l’article Pointe Basse (3)). L’acquisition du plumage adulte est longue (entre 20 et 30 ans). Ce phénomène de blanchissement démarre sur le dos pour s’étendre au fur et à mesure des mues au reste du corps. Seules les rémiges (les plumes des ailes) et les rectrices (plumes de la queue) conservent du noir. Il existe une grande variabilité de plumage entre les individus.
La différence entre le mâle et la femelle n’est pas évidente. Généralement plus lourd et plus grand, le mâle a une tête plus carré avec un bec massif. La femelle, souvent plus foncée, aura un bec plus fin avec une légère courbure.

Jeune femelle Albatros hurleur

Vieux mâle Albatros hurleur

A Crozet, les sites de nidifications de l’Albatros hurleur se situent sur les landes côtières (souvenez-vous, le champ des Alba, article : Pointe Basse (3)). C’est pour contrôler les oiseaux nicheurs, que Fluffy et moi suivons Nicolas, l’ornithologue de la mission 54.
Nous nous dirigeons vers les criques du Sphinx et de la Chaloupe, à la recherche des nids et des Alba.


Albatros hurleur sur nid à la crique du Sphinx (rocher en forme de Sphinx en arrière-plan)

Nicolas doit contrôler si les individus sur nid portent une bague en métal, qui est en quelque sorte la carte d’identité de l’individu, et une bague en plastique (Darwick) qui permet de reconnaitre l’individu lorsque celui-ci est en vol car plus facile à lire à distance. En effet, l’UICN a classé l’Albatros hurleur dans la catégorie « vulnérable » depuis 2000 à cause du déclin rapide de ses populations. Par conséquent la surveillance des populations par le bagage et les études sur les zones de nourrissage permettent de mieux cerner les origines de ce déclin.

Individu bagué : Métal à gauche et Darwick à droite

Quand une bague manque, Fluffy, aidé de Nicolas, règle le détail !

Magnifique journée en compagnie des maîtres de l’air.