dimanche 17 septembre 2017

Cap vers la Réunion

La fin approche...

Couché de soleil sur l'océan © Julie TUCOULET

 Nous profitons du "retour" de l'été sur le pont :)


BBQ sur l'héliport, merci à l'équipage pour la pêche
et la préparation des victuailles © Julie TUCOULET
Un océan d'étoiles © Julie TUCOULET
Le croix du sud nous accompagne (pour toi ma Fofek ;) ) © Julie TUCOULET

dimanche 3 septembre 2017

Tromelin et ses fous


Sable, azur et plumes 

L’océan règne en maître sur Tromelin qui n’est peuplée que d’oiseaux pélagiques, de crustacés et de tortues marines. Mais concentrons nous essentiellement sur les plumes !

Le ciel se peuple… curieux les fous et les sternes affluent vers le Marion.
« Plus on est de fous, plus on rit ! »

Commençons par les Sulidae, plus communément connus sous le nom de Fou… Les fous, sont des oiseaux marins aux longues ailes étroites et pointues et au bec conique. A noter, une petite particularité sur ce bec : l’absence de narines externes ! Donc évitez de leur clouer le bec parce qu’ils pourraient être sans voix au sens propre du terme !

Le plus petit des fous croisés dans les eaux de Tromelin : le Fou à pieds rouges (Sula sula). 1 kg de plumes et autres pour une envergure d’1 m. Facilement reconnaissable à ses pieds ;)


Ensuite vient le Fou Brun (Sula leucogaster) pèse 1 kg pour une envergure moyenne d’1,4 m.
 
Fou brun adulte (saisi sur l'instant^^)
Jeune Fou brun
Enfin le Fou masqué (Sula dactylatra) tient à nous faire remarquer sa présence. C’est le plus imposant des 3, avec un poids moyen d’un 1,7 kg pour une envergure de 1,6 m, mais aussi le plus timide face à l’objectif.


Parlant de timides, la Frégate ariel (Fregata ariel) avec ses 750 g pour une envergure moyenne d’1,8 m ne nous offre que sa silhouette…

 

Ne voulant pas être de reste, les Laridae se manifestent bruyamment (habituel pour les goélands et les sternes) !

La Sterne blanche ou Gygis blanche (Gygis alba) est un petit oiseau (80 cm d’envergure pour 120 g) d’un blanc immaculé au bec noir ébène.

"Oiseau la vierge" en créole à cause de sa couleur blanche
Le Noddi brun (Anous stolidus) est comme son nom l’indique plus sombre que sa voisine pour un gabarit à peine plus gros (80 cm d’envergure pour 210 g). Son corps brun, aux extrémités (ailes et queue) noires contraste avec une calotte argentée recouvrant sa tête.
 

Vol de fous ! Les plumés retournent à leurs nids en cette fin de journée d'avril
Je remercie Franck pour ses photos qui offrent un joli complément à cet article :)

vendredi 1 septembre 2017

Tromelin et les hommes


« L’île des esclaves oubliés »




En 1722, l’équipage du navire le Diane de la compagnie des Indes découvre Tromelin qui est baptisée, à cette époque et à juste titre, « L’île des sables ». Ce bout de terre balayés par les vents offre au bateau de passage une vision inhospitalière peu digne d'une escale.


Jusqu’au jour où …


Dans la nuit du 31 juillet 1761 au 1er août 1761, la frégate l’Utile de cette même compagnie fait naufrage sur les récits coralliens de l’île. L’origine de cette tragédie serait due à une erreur de navigation causée par l’utilisation de deux cartes contradictoires. De plus, ce ‘banc de sable’ culmine difficilement à 7 mètres de hauteur ce qui le rend quasiment invisible, surtout la nuit. Enfin, l’avidité des hommes pourrait également être prise en compte…


Parti de Bayonne le 17 novembre 1760, l’Utile transporte essentiellement une cargaison de vivres à destination de l’île de France (l’actuelle île Maurice). Mais lors d’une escale à Madagascar, le capitaine fait embarquer clandestinement 160 esclaves malgaches malgré l’interdiction de la traite par le gouverneur… N’en déplaise à celui-ci, nous sommes au large de l’océan Indien et ce commerce est très lucratif !


La nuit du naufrage sera meurtrière, sur les 143 hommes que formaient l’équipage, 122 atteindront l’île. Pour les esclaves la réalité sera plus cruelle. La majorité ne savant pas nager, sur 160 seuls 88 survivront au sinistre. En effet, l’Utile s’est échoué sur la ceinture corallienne de l’île et se fait malmener par de puissantes vagues et de violents courants. La seule échappatoire est d’atteindre l’île à la nage…


Dos à Fluffy, l'ancre de l'Utile indique le lieu du naufrage, à quelques encablures de la plage © F.Moulin
L'ancre de l'Utile © F.Moulin

Aux premières lueurs du jour, le bilan est accablant : 210 naufragés observent l’Utile en train d’être disloquée par l’océan depuis un banc de sable de 1 Km² recouvert de rares buissons. Alors que le capitaine devient incapable de prendre des décisions, son premier lieutenant organise leur survie (qui va durer près de 15 ans pour certains)…


île désertique © F.Moulin

Les rôles sont bien définis, 1 campement pour l’équipage et 1 campement pour les esclaves. Alors que certains s’occupent des problématiques quotidiennes (eau, nourriture,…) les autres récupèrent tout ce qu’il est possible d’obtenir de l’épave de l’Utile (souvenez-vous, il n’y RIEN sur l’île) et s’attèlent à construire un radeau de fortune la Providence qui permettra à l’équipage de quitter l’île avec la promesse de venir chercher les esclaves…


Timbre émis en 2017 en hommage aux oubliés de Tromelin


L’équipage atteint Madagascar mais l’histoire est rapidement passée sous silence et les esclaves oubliés…


© F.Moulin

Il faudra attendre 1775 et la curiosité de certains hommes pour se rappeler de « l’île des sables » et ses naufragés. Plusieurs tentatives se soldent par des échecs : le banc de sable est plus dangereux qu’il n’y paraît !


Finalement, le 28 novembre 1776, la Dauphine commandée par le chevalier de Tromelin aborde l’île et sauve les survivants (7 femmes et 1 bébé de 8 mois) après 15 ans d’attente… A cette occasion, le pavillon français est dressé, la prise de possession de cette larme de terre est claire !


© F.Moulin
A la mémoire des abandonnés de Tromelin © F.Moulin
L'océan a sa propre mémoire... Une fois, de temps à autre, il la partage. Comme cet éléphant échoué sur la plage de Tromelin © F.Moulin


Un peu moins de 250 ans plus tard, la bande dessinée de Sylvain Savoia, Les esclaves oubliés deTromelin, nous relate avec précision les naufrages d’une conscience. 

Merci à Marie-Luce et Franck pour avoir pris Fluffy sous leurs ailes :)